VICTOIRE AU NURBURGRING ET PODIUM
AU MANS !
LA SEMAINE DES 48 HEURES DE ROMAIN DUMAS...
2
4 H e u r e s d u N ü r b u r g r i n g
Une
semaine après les essais préliminaires de 24 Heures du Mans et quinze jours
après avoir remporté une magnifique victoire sur la Nodschleiffe à l’occasion
d’une
manche du Championnat VLN, Romain Dumas était de retour sur le grand circuit
du Nürburgring pour les 24 Heures, les 9 et 10juin derniers. Un tracé que le
pilote originaire du Gard avait eu le temps d’apprivoiser lors de quelques entraînements
en VLN, ce qui n’était d’ailleurs pas de trop vu la longueur et la complexité
de ce tracé ressemblant beaucoup plus à une spéciale de rallye qu’à une piste
permanente. Pourtant, c’est bien de cela dont il s’agit !
Grâce
à un nouvel aileron et un nouveau diffuseur arrière, la Porsche 997 du Manthey
Racing démontrait tout son potentiel à l’occasion des qualifications, où Timo
Bernhard s’octroyait tout simplement la pole position ! Un premier coup de semonce
de la part du quatuor Tiemann-Lieb-Bernhard-Dumas avant une course qui s’annonçait
aussi disputée que dangereuse, vu les conditions climatiques annoncées. Et sur
ce point, les météorologues allemands ne se sont aucunement trompés ! « Aux
pluies torrentielles tombées avant et pendant la course, il fallait ajouter
de la grêle et un brouillard à couper au couteau. Je n’ai jamais vu des conditions
de course aussi extrêmes » déclare Romain.
A tel point extrême d’ailleurs qu’il a fallu neutraliser l’épreuve pendant plus
de cinq heures le dimanche matin tellement le danger était omniprésent ! « C’était
terrifiant. Il y avait des voitures en vrac de partout. Un truc de fou. Parfois,
le niveau d’eau sur la piste était tel qu’il était extrêmement difficile de
garder la voiture sur la piste. C’est ce que nous voulions faire et pour ne
pas nous laisser déconcentrer, nous continuions d’attaquer un peu. Je me
faisais peur moi-même ! C’est sûrement ce qui explique que nous prenions parfois
jusqu’à sept ou huit secondes au tour sur la Viper qui nous suivait.
»
Cette
attaque aura quoiqu’il arrive payé puisqu’à l’issue d’une course écourté d’un
quart de sa durée, la Porsche du Manthey Racing franchissait la première la
ligne d’
arrivée, terrassant ainsi les Aston Martin,
BMW et autres Lamborghini. Acquise devant plus de 220.000 spectateurs, cette
victoire est à classer parmi les plus belles pour Romain Dumas. « C’est
un évènement majeur en Allemagne, c’est dommage d’ailleurs qu’il ne soit pas
très connu en France car c’est une épreuve exceptionnelle, avec une ambiance
extraordinaire. Réussir à m’imposer pour ma première participation, c’est quelque
chose que je ne suis pas prêt d’oublier, d’autant que, pour Porsche, cela représente
également beaucoup. J’avais déjà gagné les 24 Heures de Spa-Francorchamps avec
Porsche. Ajouter une deuxième victoire majeure à mon palmarès avec cette marque
est une fierté et j’espère que l’on ne s’arrêtera pas en si bon chemin ! »
2 4 H e u r e s d u M a n s
A
peine le temps de fêter cette victoire avec ses équipiers et toute l’équipe
Manthey que Romain devait prendre l’avion pour se rendre au Mans, pour le traditionnel
« pesage » sur les Quinconces des Jacobins. Une étape qui permettait à Romain
de rencontrer son fan club, qui lui aussi n’a pas hésité à le suivre du Nürburgring
jusque dans la Sarthe ! Un élan d’enthousiasme qui faisait plaisir à voir, notamment
lorsque Romain, avec ses équipiers Emmanuel Collard et Jean-Christophe Boullion
étaient les invités de Bruno Vandestick sur la scène des Jacobins.
L’enchaînement
entre les 24 Heures du Nürburgring et les 24 Heures du Mans n’ont en rien entamé
le capital physique de Romain, toujours très affûté sur ce plan-là. Aux essais,
le mercredi soir, la mission de qualifier la voiture le plus haut sur la grille
étant dévolue à Emmanuel Collard, Romain se concentrait principalement sur sa
familiarisation avec la Pescarolo-Judd en configuration « Le Mans ». Un travail
qui se passait plutôt bien, d’autant que son équipier (et lui aussi pilote Porsche)
s’octroyait avec autorité la pole position dans le camp des voitures à moteur
essence, devant les Courage, Dome et autres Lola.
«
Compte
tenu de la différence de performance entre les voitures à moteur diesel et celles
à moteur essence, il était difficile pour nous d’envisager nous mêler à la bagarre
entre Peugeot et Audi » admet Romain. « Nous
avons donc choisi de mettre en place une stratégie simple : rouler le plus vite
possible en course, sans commettre de faute pour, d’une part, profiter éventuellement
de celles des autres, mais aussi de terminer premiers des équipages « essence
». C’était le meilleur plan pour ce qui nous concernait. »
Ajouté à la traditionnelle incertitude de la course automobile, il allait peut-être
falloir ajouter un paramètre important : la pluie, annoncée pour le week-end.
Une pluie qui apparaissait violemment peu après le départ et qui provoquait
l’élimination d’une des trois Audi R10. Une parfaite régularité du trinôme Boullion-Collard-Dumas,
si l’on excepte une petite alerte dimanche matin, permettait à la voiture de
pointe du Team Pescarolo de se maintenir constamment parmi les cinq premiers.
Puis
quatrième après un pépin moteur sur l’une des deux Peugeot 908.
Puis troisième lorsqu’une deuxième Audi disparaissait du classement dimanche
matin après une sortie de piste ! Avec une fin de course sous safety-car en
raison des pluies diluviennes, la fin de course prenait des airs de procession
et ne voyait aucun changement majeur survenir en tête, si ce n’est l’abandon
de la Peugeot 908 n°7. Sous des trombes d’eau, Emmanuel Collard ramenait la
Pescarolo-Judd #16 en 3ème position sous le drapeau à damier, offrant à l’équipe
Pescarolo un troisième podium en trois ans ! « C’est
fabuleux pour Henri et toute son équipe. Ce sont des gens tellement passionnés
et travailleurs. Dans le contexte qui était celui de cette année, il était difficile
d’envisager mieux. D’autant que les deux autres Audi auraient elles aussi pu
être à l’arrivée ! Je suis très heureux et fier d’avoir apporté ma contribution
à ce résultat. Pour ma part, la course s’est opérée en trois séries de trois
ou quatre relais consécutifs. J’ai réellement pris la mesure de la voiture à
partir du deuxième. Tout s’est parfaitement déroulée, la voiture était très
équilibrée, ce qui était crucial vu les changements de conditions au cours des
24 Heures. L’ambiance dans le team est très familiale, j’y ai d’ailleurs retrouvé
des gens que je côtoyais à l’époque où je faisais mes armes en sport automobile.
Vraiment, cela a été une très belle expérience. Merci à Henri et à toute son
équipe. »
Après
une série de douze week-end consécutifs sur les circuits, Romain va maintenant
s’offrir un petit break avant de reprendre le chemin de l’American Le Mans Series,
les 7 et 8 juillet à Lime-Rock, pour défendre sa première place au Championnat
LM P2.
romaindumas.com